LE CHEVAL :  UNE PROIE DOMESTIQUÉE

Depuis qu'il fait partie intégrante de nos vie, nous sommes à ce point accoutumés à côtoyer le cheval que nous oublions souvent ses origines.  Pourtant, à l'intérieur de chacun de nos chevaux domestiqués, il y a une part de cheval sauvage. Même si nous avons tendance à l'oublier, les comportements et les besoins fondamentaux de notre équidé demeurent inchangés par la domestication; ils sont les mêmes que ceux de ses ancêtres.

Le cheval (Equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à la famille des Équidés (Equidae). Il se rapproche donc davantage du chevreuil au point de vue comportemental que du chien. Étant une proie, toute la vie du cheval est conçue en fonction d'échapper aux éventuels prédateurs.

La peur est donc naturellement  développée chez toutes les proies, car c'est ce qui déclenche la fuite et assure leur survie. C'est un mécanisme inné et il serait vain d'essayer de le supprimer. Nous devons plutôt le comprendre, apprendre à composer avec et tenter de développer dans notre relation avec lui, davantage de curiosité que de peur.

La fuite a constitué la meilleure réaction du cheval contre les prédateurs depuis des millions d'années. Il en garde encore le réflexe aujourd'hui. Toute l'anatomie du cheval est conçue pour lui permettre de prendre rapidement la fuite et de repérer les prédateurs (emplacement des yeux, morphologie, sens aiguisés…). Ainsi, la fuite sera toujours la première réaction instinctive d'un cheval apeuré ou menacé. C'est uniquement lorsqu'il n'existe pas de possibilité de fuir que le cheval adoptera d'autres comportements de défense tel des ruades, des cabrades, des morsures, etc. Il faut toujours garder cela à l'esprit et ne jamais le punir parce qu'il a peur.

Il est donc important de laisser au cheval la possibilité d'évaluer toute situation qui lui semble potentiellement dangereuse. C'est un besoin fondamental pour la proie qu'il est. Il a besoin qu'on lui laisse le temps d'analyser une situation, un environnement, un élément nouveau… même s'il y a déjà été exposé avant. C'est quelque chose que nous, prédateurs toujours pressés, avons bien du mal à comprendre, mais qui pour une proie est très important, à savoir vital. Les chevaux ont constamment besoin de se rassurer, et on doit respecter ce besoin, faute de quoi nous risquons d'amplifier leur  insécurité.

Il y a tant de choses qui ne sont pas naturelles pour nous chez ce grand mammifère. Beaucoup de faits que nous avons du mal à concevoir, et qui pourtant font partie de son monde à lui. Si nous voulons faire équipe avec ce bel animal, il nous faut penser comme lui et voir le monde avec ses yeux. Ce n'est que là que l'alliance prédateur/proie pourra s'avérer une réussite!

Sandy Letarte
www.equincommunication.com

Claudia Parent
www.therapie-animale.com

Mots-clés: comportement cheval proie